Environ 3 000 ans avant
J.-C., sont apparues en Égypte les clepsydres, ou horloges à eau;
plus tard, au quatorzième siècle de notre ère, les sabliers
sont couramment utilisés. Ces appareils mesurent le temps par l'écoulement
d'un fluide, eau ou sable. Ils ne permettent pas de déterminer l'heure
mais servent à sa conservation durant un temps plus ou moins long. Il
s'agit donc en fait des premiers garde-temps. La précision de tels instruments
est toujours très faible, mais suffisante si le temps mesuré est
court. Les sabliers ne sont plus guère utilisés de nos jours qu'à
titre décoratif ou pour certains emplois ménagers.
L’astronomie des Chinois, au cours de leur histoire, servait à
régler les rythmes d’une vie collective stable et ordonnée.
C’est principalement pour cette raison que cette science a toujours été
considérée et promue par les empereurs chinois. D’ailleurs,
déjà au VIIIe siècle av. J.-C., Huang Ti, aussi appelé
l’Empereur Jaune, avait développé un cycle lunaire de 19
ans dans le but d’ajouter des mois intercalaires, ce qui pourrait ressembler
indirectement au prémisse de la création de nos années
bissextiles.La corrélation n’est peut-être pas la même,
mais le principe est tout aussi justifié. Des textes anciens découverts
et traduits par des missionnaires jésuites aux XVIIe et XVIIIe siècle
ont permis de révéler que, dès le IVe siècle av.
J.-C., les astronomes de cour savaient déterminer, d’une façon
assez précise, les dates des solstices et équinoxes, des éclipses,
et mentionnaient aussi le passage des comètes. À titre d’exemple,
des écrits astronomiques laissés par Confucius, qui vécut
au VIIe siècle av. J.-C., où l’on retrouva un compte rendu
de l’éclipse solaire du 20 avril 610 av. J.-C. Cependant, l’astronome
chinois qui s’est, pour ainsi dire, le plus remarqué dans la Chine
antique fut Tcheou Kong, frère de l’empereur Wou Wang, qui vécut
au XIe siècle avant notre ère. Il fit bâtir un grand observatoire
surnommé « Tour des Esprits » dans la ville connue aujourd’hui
sous le nom de Honan-fu. Tcheou Kong commença par déterminer,
avec une précision étonnante, la position des solstices, puis
par la suite, mesura la variation de longueur de l’ombre portée
sur le sol par une tige de bois ou de métal de huit pieds chinois désignée
sous le nom de « gnomon ». Comme l’ombre était longue
d’un pied et demi en été et de treize en hiver, il calcula
ainsi l’inclinaison de l’orbite de la Terre ainsi que la latitude
de la ville où la mesure fut prise. Mais un détail lui échappa,
car il ne put imaginer le phénomène de précession des équinoxes
du au balancement de l’axe de la Terre. Il faudra attendre en 460 av.
J.-C. pour qu’un de ses successeurs comprenne le mouvement de l’étoile
Polaire décrivant un petit cercle sur la voûte céleste à
chaque jour. C’est finalement l’astronome chinois Tsu Chong qui
découvrit la précession des équinoxes et ce, en 66 ap.
J.-C., soit deux siècles après la découverte du Grec Hipparque.
Les Chinois n’étaient pas de très grands mathématiciens,
mais en contrepartie, ils étaient d’excellents fabricants d’instruments,
tels sabliers, niveaux, compas et abaques (véritable règle à
calculer de l’Antiquité appelée suampan en chinois). Leur
système numérique était décimal, mais pour les angles,
ils avaient une méthode fort différente qui causait des problèmes
dans les calculs trigonométriques. En fait, les Chinois divisaient le
cercle en 365 parties un quart plutôt que 360, et ce, par référence
à la durée de l’année déterminée depuis
fort longtemps à 365 jours et un quart. Autre aspect fondamental pour
eux, ils croyaient à l’existence d’êtres vivants dans
le monde céleste. Ainsi les Chinois étaient persuadés qu’un
empereur habitait un Palais supérieur, sur l’étoile Polaire,
et veillait ainsi sur ses sujets. Jupiter (Ching Ti), alias le Gouverneur Vert,
était le dieu du printemps. Les autres planètes avaient chacune
sa propre « fonction administrative » que les citoyens de l’empire
du Milieu tentaient de se concilier en leur consacrant des lampes votives. Planètes
et constellations furent ainsi objets d’adoration selon une mythologie
qui résista des millénaires, jusqu’au contact avec l’Occident.
(Extraits de l' encyclopédie Astronomia, Le Ciel dans l’histoire
Guy Roy, p.7-8, Editions Fabbri, 1994)